Le rodéo et ses acteurs en France et en Europe

Titulaire d’une thèse de doctorat en histoire et spécialisée dans l’étude du patrimoine, je suis passionnée par la recherche sur l’héritage des sociétés. Actuellement, je suis enseignante en lettres-histoire dans un lycée public près de Perpignan dans le Sud de la France. Après dix ans d’équitation classique, j’ai découvert l’équitation western il y a environ huit ans. Je me suis immédiatement intéressée à cette équitation qui a une approche différente, en particulier pour le travail du bétail. Ma curiosité d’historienne associée à ce vif intérêt pour le milieu western m’ont conduit a effectué des recherches sur l’arrivée de ce mouvement en France.

Personnellement j’adore l’histoire et encore plus celle qui décrit de grandes personnalités de notre milieu équestre. C’est pourquoi j’ai décidé d’incorporer dans mes articles un peu de l’histoire des gens qui ont marqués l’évolution de l’équitation western. Je débute avec les grands qui ont introduits cette culture en France. 

Je suis très heureuse de ma collaboration avec Émilie Sureau, historienne, qui a bien voulu nous faire part de ses recherches sur ce sujet.

J’espère que vous apprécierez autant que moi de connaitre l’histoire de gens qui ont ouvert leur horizon et leur coeur au monde des chevaux, des indiens, des cowboys…ils ont voulu partagé les valeurs, les coutumes, les idéaux, bref tout ce qui marque la culture d’un peuple.

Nous enchaînons avec le quatrième article d’Émilie sur les rodéos. 

                                                                                  Lyne Laforme

Le début

A mi-chemin entre une discipline sportive et un spectacle, le rodéo est issu du travail des cowboys dans les ranchs. Aux Etats-Unis, il s’appuie sur des associations de professionnels dont la plus renommée est la PRCA (Professional Rodeo Cowboy Association) depuis 1975. 

Bien que ce ne soit pas une tradition européenne, le rodéo se pratique bel et bien en Europe, et notamment en France. Les deux tournées successives de Buffalo Bill en 1889 et 1905 ont, sans aucun doute, participé à cet engouement pour l’ouest américain. S’il n’y a pas eu de rodéo à proprement parler lors des Wild West Show, les spectacles ponctués de cascades, voltiges, défilés et autres mises en scène ont fait forte impression sur les Européens.

En France, dans les années 30, Paul Coze a organisé un « rodéo » sur les pelouses du jardin d’acclimatation à Paris. Il reste peu de photos et d’archives de l’événement mais nous savons néanmoins qu’une trentaine de personnes, membres du club du lasso, y ont participé et que ce dernier a duré trois jours. Il n’est fait aucune mention de monte de taureaux ou de chevaux, il semblerait que ce rodéo se soit limité à de la capture de veaux, démonstration de lasso et autres prouesses à cheval.

Paul Coze et la capture de veau, Paris, 1935, collection Derumaux.

C’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que cette discipline particulière va se répandre sur le vieux continent. Avec l’installation de bases militaires américaines en Allemagne arrivent des jeunes gens qui amènent avec eux leur culture, « american way of life ». Parmi eux certains pratiquent déjà le rodéo aux Etats-Unis. Ils sont donc ravis dès qu’ils peuvent s’adonner à cette discipline particulière. 

Durant les années 50 et 60, plusieurs compagnies américaines vont tenter d’organiser des tournées de spectacles de rodéo en Europe mais la plupart se soldent par un échec, de nature financière bien souvent. En effet, les organisateurs voient grand et le public n’est pas toujours au rendez-vous. Or entre l’entretien du bétail et les structures nécessaires (chutes, barrières, etc.), la logistique d’un tel événement est colossale.

Il est difficile de lister et dater tous les rodéos en Europe cependant quelques photos et articles ont permis de mettre en lumière quelques-uns. 

Du 20 avril au 20 mai 1956, un rodéo est organisé au Palais de Sports de Lyon.  L’article du Monde précise que « deux cents animaux parmi lesquels des chevaux de selle, des chevaux sauvages, des buffles, des zébus, des brahmas et des taureaux à cornes longues » sont présents « ainsi que soixante participants cowboys, cowgirls et familles d’indiens Peaux-Rouges ». Il s’agit probablement d’une tournée de plusieurs dates en France, avec des arrêts dans d’autres grandes villes comme Paris ou Marseille, mais l’article n’en dit pas plus. 

Rodéo de Lyon, chutes et parc du bétail, 1956, collection Robert Patrigot.

Le 17 avril 1958 débute l’exposition universelle à Bruxelles pour 6 mois. Les Etats-Unis amènent un véritable décor de Far West mais le budget est trop serré pour organiser des reconstitutions. Les Américains négocient alors avec un partenaire privé, Verne ELLIOT, pour plusieurs mois de spectacle intitulé le World’s Fair American Wild West Show and Rodeo. Ancien champion de rodéo aux Etats-Unis, ELLIOT a déjà été manager sur plusieurs tournées avec son frère. 

En juin 58, il fait venir d’Amérique « 70 cowboys et cowgirls, 55 indiens Sioux du Dakota du Sud, 50 chevaux, 15 buffles et 40 bœufs » pour faire du rodéo et rejouer le spectacle de Buffalo Bill. La première représentation est inaugurée le 18 juin mais les aléas météorologiques conjugués au faible nombre du public obligent le directeur à tout remballer le 13 juillet, soit à peine 1 mois après le début de la tournée. Beaucoup de matériels (selles, chapeaux, bottes) et surtout des animaux (en particulier les chevaux) sont alors vendus sur place afin de financer le rapatriement des figurants dans leur pays (tous ne rentreront pas aux Etats-Unis. Quelques-uns resteront en Belgique et participeront notamment aux débuts de l’indianisme dans le pays et à l’ouverture du parc Texas City sur la commune de Tremelo)

Note

Si parmi les lecteurs de cet article, certains en connaissent d’autres qu’ils n’hésitent pas à se manifester.

https://c4magazine.org/2015/09/09/lhomme-qui-crea-texas-city/

Verne Elliot, 1944, Fort Worth
Buster Ivory, 2002, collection Pro Rodeo Hall of fame, Star-Telegram Collection Colorado Springs

Parmi l’organisation du show de Bruxelles se trouve également Buster IVORY (1923-2003) qui est, à ce moment-là, surintendant du bétail. Ce Californien, ancien champion de rodéo, est nommé, en 1968, directeur général du « Rodeo Far West », une nouvelle tournée européenne censée traverser quatre pays d’Europe. En réalité, il n’en sera rien, la tournée est rapidement annulée. Un seul spectacle se tient à Londres en 1969 devant la reine d’Angleterre. 

Lorsque la troupe arrive à Paris au début de l’année 70, les organisateurs sont contraints de tout vendre pour rentrer en Amérique. Le rodéo n’attire pas autant les foules qu’aux Etats-Unis et faute d’un public suffisant les spectacles ne peuvent être maintenus. 

Les figurants et les animaux du « Rodeo Far West » sont logés dans le parc de la Vallée des Peaux-Rouges en attendant de pouvoir retourner au pays. Philippe CART-TANNEUR, co-fondateur du parc de Fleurines, est déjà très impliqué dans le milieu western en France. Il connait beaucoup de monde et va faire jouer son réseau pour la vente du matériel et du bétail. C’est ainsi qu’il fait venir ses amis du Sud de la France dont André BERNARD. Camarguais, ce passionné de taureaux, de chevaux et de rodéo, envisage la création d’une structure aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

C’est ainsi que naît le DAR rodéo qui reste pour beaucoup un événement marquant car c’est le début du rodéo « français », sans aucun cowboy venu des Etats-Unis.

DAR Rodéo, 1970, collection Gilbert Arnaud
Affiche du DAR Rodéo, 1970, collection Gilbert Arnaud

André BERNARD achète des brahmas et des broncos aux Américains du « Rodeo Far West » et les ramène aux Saintes-Maries sur sa propriété. Les structures sont construites avec les moyens du bord mais suffisamment solides pour accueillir le bétail (elles ont aujourd’hui disparu, détruites par les nouveaux propriétaires du mas.)

DAR, qui signifiait au départ Distribution d’Appareils/d’Accessoires Régulateurs, devient pour l’occasion Développement de l’Afficionado et du Rodéo. 

De 1970 à 1973, le DAR rassemble des centaines de spectateurs et cavaliers amateurs de rodéo et de culture américaine durant les deux mois d’été. Tous les jeudis, les cavaliers viennent s’entraîner pour le spectacle en fin de semaine. Une « petite » finale est organisée tous les dimanches de juillet et août mais la grande finale a véritablement lieu le dernier dimanche de la saison. 

A l’issue de celle-ci, le cavalier vainqueur remporte la prime comme aux Etats-Unis. Les spectateurs ont pu découvrir le bull riding, monte de taureaux, ainsi que le saddle bronc riding et le bareback bronc riding, respectivement monte de chevaux sellés et monte de chevaux à cru. 

Bull riding, collection Charles Beyssier
Bareback riding, collection Gilbert Arnaud

Les cavaliers du DAR font également la démonstration de sauts de cheval à cheval (Poney express), de sauts de cheval sur taureau (Steer wrestling), et autres jeux gardian. 

Cavaliers du DAR Rodéo, 1970, collection Charles Beyssier

Durant l’été 1970, c’est Charles BEYSSIER qui remporte la première finale, puis en 1971, Daniel Clavel. Il n’y a pas de gagnant en 1972 et 73, faute de prime et de sponsors qui sont difficiles à trouver.

1er prix du DAR Rodéo remis à Charles Beyssier en 1970, Collection Charles Beyssier

En France, le rodéo ne s’arrête pas avec la fin du DAR mais les spectacles sont organisés de façon plus ponctuelle. En 1971 à Orthez, la plupart des cavaliers du DAR sont invités pour participer à un rodéo organisé par une chaine de télévision afin de réaliser une émission spectacle.

Les cavaliers du DAR, départ pour Orthez, collection Gilbert Arnaud

Puis les cavaliers se dispersent. Charles, accompagné de son ami Alain SANDUCCI, s’envolent pour les Etats-Unis pour tenter sa chance dans le milieu du rodéo, notamment en travaillant avec Buster IVORY. Si le second revient en France après une année en Amérique, Charles reste pendant près d’une dizaine d’années. Il multiplie les compétitions de rodéo, obtient le titre d’espoir de l’année en 1974 et devient membre dans l’association PRCA en 1976. Il rentre en France à la fin des années 70 et participe à plusieurs spectacles de rodéos dont « Continental Cow-boy » et « All American Rodeo and Wild West Show », tous deux à Paris.

Cependant, le « Rodeo Far West » ne disparaitra pas complètement car un homme décide de le reprendre dès 1969 : Alan JACOB (1926-2003).  Cet américain originaire de l’Oregon, a grandi dans un ranch au milieu des chevaux et du bétail. Il est considéré comme l’un des pionniers du mouvement western en Allemagne. Toute sa vie, il s’est appliqué à promouvoir la race des Quarter Horse et à diffuser le rodéo encore méconnu des Européens.

Alan JACOB, collection privée.
Le logo

Suite à la faillite de la tournée américaine en Europe, il rachète le matériel, quelques animaux et fonde un nouveau show en 1970  sous le nom de « Rodeo USA ». 

Rodeo USA, Alan JACOB, 1977

En 1971, il s’installe à Otterberg (dans la région de la Rhénanie, non loin de la frontière française) et fonde l’American Horse Farm (devenu aujourd’hui le Diana’s Horsefarm). Il créée par la même occasion l’ERCA (l’Association Européenne de Cowboys de Rodéo). Cette association a rassemblé plus de 30 000 personnes dans toute l’Europe dont 500 membres rien qu’en Allemagne. 

A la fin des années 70, il rachète également l’équipement et les animaux d’une tournée intitulée « Larry Mahan’s Ramblin’Rodeo Review » qui devait avoir lieu en Belgique mais Larry MAHAN, grand champion de rodéo ne s’est jamais déplacé.

Pendant 30 ans, Alan JACOB va organiser régulièrement des rodéos, avec le « Rodeo USA », principalement en Allemagne mais également quelques-uns en France, en Belgique et en Hollande. « Rodeo USA » propose des montes de taureaux et de chevaux seulement par des cow-boys qui sont militaires sur les bases américaines en Allemagne. On peut également y admirer de nombreux intermèdes parmi lesquels on retrouve les démonstrations de lasso du célèbre Jack Rogers, français d’origine.

Jack Rogers, démonstration de lasso en Allemagne, collection Vittorio Allegra

En France, JACOB et son « Rodéo USA » sont passés, entre autres, à Marseille en 1977 lors du Salon méditerranéen du cheval et des sports équestres, dans les arènes de Nîmes, à Toulouse où il a travaillé avec un certain Philippe ASTIER

Rodéo USA à Marseille en 1977, collection Nick VERGES

En 1980, une équipe américaine envisage une nouvelle tournée européenne en commençant par Paris. Le « Continental cow-boy » s’installe sous le chapiteau Jean RICHARD, porte de Pantin, pour plusieurs dates. Les Cow-boys viennent des Etats-Unis, le matériel et les chevaux sont fournis par Alan JACOB et les taureaux par des éleveurs français. Charles BEYSSIER qui vient de passer presque une dizaine d’années aux Etats-Unis connait les organisateurs. Il participe aux épreuves de Saddle Bronc, sa spécialité et il propose à ses amis du DAR d’assurer une partie du show avec une démonstration de jeux gardians. Mario LURASCI assure les spectacles équestres. Cinq dates sont assurées à Paris mais la tournée ne va pas au-delà…une fois de plus.

Pour accompagner ce spectacle de rodéo, un festival de musique country est organisé avec de grands noms de la chanson comme Faron YOUNG, Gary GENTRY, Diane VARGA, Jimmie RODGERS…

Affiche de Continental Rodéo, 1980, Collection Gilles VIGNAL

En 1987, Dominique GENAIS, un des membres fondateur de la Lone Star Association, très actif dans le milieu western, et Mick PERRET propriétaire du Montana Ranch, souhaitent organiser des spectacles itinérants de rodéo. Pour cela, ils envisagent la construction d’arènes démontables, facilement transportables et qu’ils peuvent également louer. Associés à Jean-Paul FOUILLET, amateur de rodéo et surtout carrossier de métier, ils fabriquent tout le matériel dont ils ont besoin pour réaliser leur projet. Entre 1988 et 1995, ils font le tour de la France organisant des rodéos pour des mairies, des comités d’entreprises, etc.

On les retrouve à Conflans-Sainte-Honorine, Cergy-Pontoise, Carcassonne (annulé pour intempéries), Bellegarde-sur-Valserine, Sallanches, Lourdes, Caen (le dernier en août 1995).

En novembre 1990, Richard GARCIA, travaillant pour la mairie de Lourdes, lance l’idée d’un championnat de France de rodéo. Déjà organisateur d’un festival du film américain, fondateur d’une association de westerners les « Black Hills » et animateur d’une émission de country sur une radio locale, Richard GARCIA est passionné des Etats-Unis. 

A cette époque, la ville de Lourdes est jumelée avec celle de Cheyenne dans le Wyoming, lieu du plus ancien rodéo connu aux Etats-Unis.

Le maire de Cheyenne Gary Schaeffer et son épouse, sont invités à venir voir le rodéo de Lourdes. Leur présence donne une belle légitimité au travail de Richard GARCIA. Les chutes et tout le matériel nécessaire sont fournis par Mick Perret. 

Malgré un bétail compliqué car non habitué à ce genre de pratique, le rodéo de Lourdes remporte un franc succès. Des spectateurs viennent de toute l’Europe pour découvrir ce nouveau championnat remporté par Tony LAINE. 

Le cow-boy français n’en est pas à son 1er essai. Après avoir passé du temps aux Etats-Unis où il a découvert le rodéo, il a fait ses classes avec Alan JACOB. Entre 1984, il a ouvert un centre équestre western « American Cowhorse Stable » à Profondeville, près de Namur en Belgique avec un associé, Denis D’HERDT. Le club s’est rapidement transformé en école de rodéo où s’entrainent à la fois les cow-boys et les animaux. Ils vont également fonder un show dans l’esprit de celui de JACOB, le « Rodeo Stampede ». L’entreprise durera jusqu’en 1988.

Lors du rodéo de Lourdes, un américain est également présent parmi la foule : il s’agit de Gary OKOS ou O’KOSS. Intéressé pour faire plusieurs dates en France, il vient prospecter et prendre la « température » du rodéo français. Le succès de Lourdes le conforte dans son idée. S’associant avec un riche industriel parisien, il se lance dans l’organisation du « All American Rodeo and Wild West Show ».

 En 1992, « All American Rodeo and Wild West Show » débute à Paris-Bercy. C’est un très gros événement qui dure quatre jours, des moyens colossaux sont mis en place. Des stars américaines sont invitées comme Steve KANALY, pour une démonstration de cutting ou encore Chris LYBERT, champion de rodéo. 

Parmi les organisateurs français, on retrouve Charles Beyssier, qui fournit les taureaux difficiles à importer mais qui est aussi compétiteur dans la catégorie Saddle Bronc.

Le programme est très varié et offre au public de découvrir la culture de l’ouest américain. En plus des montes de taureaux et de chevaux, il y a des épreuves chronométrées (steer-wrestling, barrel-race), des cascades équestres, des démonstrations de cutting, de lassos, des numéros de clowns, des danses indiennes… Les intermèdes sont indispensables dans les rodéos, ils permettent aux organisateurs de préparer les bêtes dans le calme avant les épreuves. 

Cependant les milliers de spectateurs présents quotidiennement à Paris-Bercy ne sont pas suffisants pour espérer reconduire le spectacle annuellement. De plus, le manque de sérieux dans la gestion de l’organisateur américain, Gary OKOS, laisse un grand vide financier qui n’encourage pas l’organisateur français à maintenir le show.

Affiche du Rodéo de Paris-Bercy, 1992, collection Gilbert Arnaud

Malgré l’échec du rodéo de Paris-Bercy, les Européens ne tournent pas le dos au rodéo.

Comme Alan JACOB des années plus tôt, Charles BEYSSIER profite de l’occasion pour racheter un peu de matériel et quelques animaux du « All American Rodeo and Wild West Show ». Tout est envoyé près de Rodez où Charly a installé sa 2e école de rodéo. En effet, après « Continental Cow-boy », il s’est investi pleinement dans ce sport qu’il affectionne tant. Il a fondé une 1ère école près de Paris. Puis il est descendu vers le sud pour ouvrir un ranch et former de futurs cowboys. Après une succession de rencontres, sa passion pour le rodéo l’a conduit jusqu’en Italie à Voghera. Pendant plus d’une quinzaine d’années, il a travaillé comme manager au Cowboys Guest Ranch, animé un spectacle le « Rodeo and Wild West Show » et encadré une école de rodéo. De nombreux cowboys français et italiens ont débuté leur carrière à Voghera. 

Jeremy LAINE, fils de Tony, sur un veau, 1990, photo Alain AUBERT.

Du milieu des années 90 à la fin des années 2010, plusieurs rodéos sont organisés en France. Evidemment, il y a le show de JACOB qui tourne jusqu’au début des années 2000 et Charles BEYSSIER qui continue les rodéos entre la France et l’Italie. Cependant, une nouvelle « équipe » entre en piste : la « Rodeo Company ». Enfin, deux grands festivals vont marquer les esprits : Equiblues et West Country.

 La « Rodeo Company » est une association fondée en 1991 par Vittorio ALLEGRA en Sicile. Maréchal-ferrant et dentiste équin, Vittorio est fasciné par le rodéo depuis tout petit. Alors qu’il travaille en Italie vers le milieu des années 80, il est appelé pour ferrer des chevaux au Buffalo Ranch chez Ted Bordignon, près de Vérone. Cet italien qui a ouvert son ranch en 1969, organise régulièrement des rodéos chez lui. Dès lors, Vittorio va retourner très régulièrement au Buffalo Ranch et devenir cow-boy de rodéo. Durant un de ses voyages en France, il entend parler de rodéo en Allemagne et c’est de cette façon qu’il rencontre JACOB mais surtout Tony LAINE avec lequel il va souvent s’entraîner. 

Note :

 Il y en a certainement d’autres qui ont accueilli des rodéos, je ne cite ici que les plus connus.

C’est donc au début des années 90 qu’il fonde son école de rodéo, d’abord en Italie puis en France. En 1994 il s’installe à côté de Nice et fait la connaissance de Chaps, cavalier, voltigeur, cascadeur, un homme de spectacle.

Ensemble, ils vont organiser et animer de nombreux spectacles de rodéo sous le nom de « FRENCH RODEO COMPANY ». Vittorio s’occupe de la partie rodéo (bétail, matériel, et cow-boy) et Chaps gère la partie spectacle : la parade indispensable dans tous rodéos, les cascades, la voltige, etc. Ils sillonnent la France pendant près d’une dizaine d’années au gré des demandes dans les festivals, les fêtes de village, les rassemblements western (les arènes de Nîmes, de Palavas, du Grau-du-Roi, le Cap d’Agde, Montpellier, Bain de Bretagne…).

Au début des années 2000, Vittorio quitte Nice pour Entraigues-sur-Sorgue et reprend le nom de Rodeo Company.

Devenu un rendez-vous incontournable du rodéo, le festival « Equiblues » à Saint-Agrève en Ardèche débute en 1996.  Il est né de la volonté de Philippe LAFONT d’animer la commune pour laquelle il travaille. Cavalier, surtout de randonnée, il imagine une fête qui rassemblerait équitation et musique américaines qu’il affectionne. Il contacte Mimi COULOMB, personnalité bien connue du Sud de la France après avoir lu un article sur lui dans Midi Equestre. Ce dernier va gérer pendant plusieurs années les compétitions d’équitation western du festival. Mimi COULOMB lui présente, à son tour, Charles BEYSSIER qui, bien entendu, s’occupera du rodéo à partir de 1998. Le succès est immédiat et le festival s’agrandit rapidement. Tous les ans, au mois d’août, 25 000 personnes affluent pendant cinq jours pour regarder des compétitions western, du rodéo, des spectacles et écouter de la musique country. Les cowboys viennent de toute l’Europe et des Etats-Unis et sont de plus en plus nombreux chaque année à se mesurer dans les arènes d’Equiblues.

1ère affiche d’Equiblues en 1996 ,
Dernière affiche d’Equiblues en 2018.

En 2004, un autre festival sur le thème de l’Amérique voit le jour : « West Country ». Si la gestion est associative comme pour Equiblues, c’est principalement Michel HAUTBOIS qui en est le créateur. La 1ère édition a lieu à Langon, puis jusqu’en 2013, elle s’installe à Bain de Bretagne et enfin elle s’implante à Châteaubriant en 2014. C’est Vittorio ALLEGRA qui pendant les 11 années du festival assure l’organisation du rodéo. En 2009, le festival est officiellement jumelé avec le festival western de Saint-Tite au Québec, une référence mondiale dans le monde du rodéo. Ce partenariat donne une dimension nouvelle à « West Country » et surtout attire des cow-boys outre-Atlantique. En février 2013, l’association est même sollicitée par la ville de Nantes pour créer un festival West Country d’Hiver qui accueille 9000 visiteurs. Mais il n’y aura pas d’édition 2015, faute de trouver un lieu sécurisé et suffisamment grand, l’association renonce à poursuivre l’organisation de ce festival.

Affiche pour le « West Country », 2011.

Il existe en France plusieurs ranchs qui sont également des centres d’entrainement pour les taureaux et les chevaux autant que des écoles pour les futurs cowboys de rodéo. Ces professionnels sont donc à la fois éleveurs et « instructeurs » ; ils proposent des stages d’initiation et de perfectionnement pour les futurs compétiteurs. Parmi eux, on retrouve Stefano BALDON fondateur du 4SRanch installé en Basse Normandie, Olivier BOURILLON au 3B ranch près de Montpellier, la famille CLAUZEL au Longhorn Ranch à Aimargues, la famille FABRE au JRA à Saint-Martin de Crau davantage orientée vers le roping mais qui organise un rodéo chaque été, Jessy MEGIDO au JCS Ranch à Mallemort, la famille PRADEILLES de l’élevage du Moulin à Saint-Dizery et la famille VILLARD au Bucking Ranch à Collonge-en-Charolais.

Actuellement, si le rodéo n’est toujours pas reconnu comme un sport officiel en Europe, ses adeptes sont tout de même de plus en plus nombreux. Aux tournants des années 2000, un glissement s’est opéré entre spectacle et compétition. Les pratiquants ne veulent plus seulement faire des démonstrations mais surtout concourir lors de championnats.

Pour la réalisation de cet article, je remercie toutes les personnes qui m’ont accordées du temps pour un entretien et qui m’ont également laissées consulter leurs archives : Vittorio ALLEGRA, Gilbert ARNAUD, Stefano BALDON, Charles BEYSSIER, Olivier BOURILLON, CHAPS, William COULOMB, Jordan FABRE, Dominique GENAIS, Philippe LAFONT, Tony LAINE, Chris MEGIDO, Robert PATRIGOT, Guylaine PRADEILLES, Alain SANDUCCI, Nick VERGES.

Merci Emilie pour cet article très intéressant sur l’évolution du RODÉO en France. Un gros merci aux PASSIONNÉS qui ont partagés avec Émilie leurs souvenirs de cette période qui a permis à l’équitation western de faire sa place en France et dans l’Europe entière.

Passionnément cheval! 🐎❤️

Lyne xxx

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2 Replies to “Le rodéo et ses acteurs en France et en Europe”

  1. Jaynecorinne

    Bonjour très belles recherches sur l histoire du rodéo mais si je peux me le permettre incomplet, car yvan jayne est le premier français en faire deux fois les NFR et dommage pas mentionné dans votre documentaire pourquoi?
    Corinne jayne sa mère

    Répondre
    • Lyne Laforme Auteur de l'article

      Je suis désolée que son nom n’est pas été mentionné et il y a sûrement d’autres personnes qui ne l’ont pas été aussi. L’historienne qui a écrit l’article a contacté beaucoup de gens pour compléter son article mais c’est toujours possible de manquer quelqu’un. En quelle année Yvan a fait la NFR? Est-ce récemment? Et félicitations à votre fils pour son accomplissement car ce n’est pas simple de ce joindre au circuit de la NFR.

      Répondre

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