L’incroyable aventure de WESTERN HOUSE

Titulaire d’une thèse de doctorat en histoire et spécialisée dans l’étude du patrimoine, je suis passionnée par la recherche sur l’héritage des sociétés. Actuellement, je suis enseignante en lettres-histoire dans un lycée public près de Perpignan dans le Sud de la France. Après dix ans d’équitation classique, j’ai découvert l’équitation western il y a environ huit ans. Je me suis immédiatement intéressée à cette équitation qui a une approche différente, en particulier pour le travail du bétail. Ma curiosité d’historienne associée à ce vif intérêt pour le milieu western m’ont conduit a effectué des recherches sur l’arrivée de ce mouvement en France.

Personnellement j’adore l’histoire et encore plus celle qui décrit de grandes personnalités de notre milieu équestre. C’est pourquoi j’ai décidé d’incorporer dans mes articles un peu de l’histoire des gens qui ont marqués l’évolution de l’équitation western. Je débute avec les grands qui ont introduits cette culture en France. 

Je suis très heureuse de ma collaboration avec Émilie Sureau, historienne, qui a bien voulu nous faire part de ses recherches sur ce sujet.

Nous enchaînons avec le cinquième article d’Émilie sur une boutique du nom de “WESTERN HOUSE”. 

                                                          Lyne Laforme

Pour les passionnés de western, il n’est pas toujours facile de s’équiper après la Seconde Guerre mondiale. Peu de magasins existent ou alors ils n’ont pas le matériel désiré.

Heureusement, il existe quelques enseignes dans Paris et en province, parmi elles, le magasin WESTERN HOUSE.

Avant d’ouvrir au numéro 13 avenue de la Grande Armée, Maurice CHORENSLUP travaillait avec son beau-frère à la boutique STELLA. 

Publicité pour la boutique Stella, in Western Gazette n°6.

La boutique était située au « Marché aux Puces » à Saint-Ouen et avait ouvert après la Seconde Guerre mondiale. Le beau-frère de Maurice avait remarqué l’engouement de la nouvelle génération pour les bottes américaine. Il a donc fait fabriquer en Amérique un premier modèle à « bouts carrés et talons de monte ». Devant le succès de cette paire de bottes, il a continué à faire venir du matériel western principalement des Etats-Unis et du Mexique. 

Maurice et son beau-frère Maurice SPIRA, collection Maurice Chorenslup.

Dans le magasin STELLA, on trouvait donc toutes sortes de bottes américaines et mexicaines, des chaps en cuir, des chapeaux, des ceintures et même des selles californiennes et mexicaines.

Passionné de cinéma et fasciné par l’American way of life, Maurice CHORENSLUP rêve d’ouvrir un magasin dédié au western dans Paris même. Pour cela, il va prendre contact avec des fabricants américains grâce aux adresses disponibles dans la revue Western Horseman. Cette démarche lui permet de constituer un petit stock suffisant pour ouvrir une boutique. Entre temps, il avait réussi à trouver un local libre au numéro 13 de l’avenue de la Grande Armée dans le 16e arrondissement. L’inauguration est programmée le 3 décembre 1964, la même soirée que le concert d’Hugues Aufray à l’Olympia. Malgré un pari risqué, c’est une réussite. Une soirée inoubliable où s’est retrouvé tout le western parisien : Joe Hamman, Georges Fronval, Gabe Chen, le Sheriff Dad, Serge Holtz, Gilbert Gunhold…et tant d’autres encore.

Carton d’invitation pour l’inauguration, le 3 décembre 1964, collection Maurice Chorenslup
(De gauche à droite) René Duclos, du ranch d’Herblay, Gil Gunhold, directeur de Western Gazette, Joe Hamman, Président du Club du Lasso et Igor Muchins, Photo Rodolfi, in Western Gazette n°9.

Le 4 décembre 1964, c’est l’ouverture de WESTERN HOUSE, « le premier bazar américain » installé dans Paris. La Western Gazette lui consacre quatre pages dans son numéro de décembre 1964. 

Façades du magasin de nuit et durant les émeutes de 68, collection Maurice Chorenslup.

« Dès le premier mois d’ouverture, WESTERN HOUSE connait un succès immédiat, drainant une foule d’inconditionnels qui viennent là autant pour la marchandise que pour l’ambiance de la boutique. […] Il était fréquent de voir les habitués venir passer bénévolement la journée avant de la Grande Armée sans autre but que de donner un coup de main et de se donner l’illusion de vivre un après-midi à l’ombre des cactus au fin fond du Texas ». (1)

(1) Morris W. Chandler, Pas de bandana pour Miss Blandish, livret édité par Maurice Chorenslup et Didier Mercier à l’occasion du 20e anniversaire de la boutique en 1984, p. 15.

Intérieur du magasin, collection Maurice Chorenslup.

Les clients peuvent trouver tout ce dont ils rêvent dans la boutique : des jeans, des chemises, des bottes, bien-sûr mais aussi des ceintures, des boucles, des chapeaux, des foulards, du matériel d’équitation, des chaps, des ceintures d’armes, des éperons, des lassos et même des selles qui peuvent s’acheter à crédit grâce à un accord passé avec la maison Cetelem à partir de 1968.

Publicité pour Western House, in Western Gazette n°22

Dès janvier 1965, la boutique accueille au sous-sol l’Association Western de France, présidée par Gilbert Gunhold dont le secrétaire Sheriff Dad tient les permanences régulièrement.

Avril 1965, Maurice Chorenslup et son beau-frère s’envolent pour les Etats-Unis afin de faire le tour des fabricants et de passer les commandes pour le magasin. Ils retourneront plusieurs fois par an au Texas et au Mexique pour constituer leur collection, choisir le matériel. En 1969, Maurice rencontre Tony Lama Junior à El Paso, une collaboration qui durera très longtemps.

Maurice et Tony Lama Junior à El Paso en 1969, collection Maurice Chorenslup.

En 1970, une seconde boutique ouvre au 23 rue des Canettes dans le 6e arrondissement.

D’autres établissements verront le jour, parfois de façon éphémère et d’autres plus durables : 

  • Un magasin à Saint-Tropez le temps d’un été, 
  • un comptoir à Montpellier tenu par François et Marité Girbaud aux environs de 69/71,
  • une « western boutique » dans le centre commercial de Parly 2 dans les Yvelines à partir des années 70
  • Et même une enseigne à Prague.

Western House et ses annexes compteront jusqu’à 25 vendeurs.

Cependant, la véritable ambiance western et familiale reste et demeure au 13 avenue de la Grande Armée. Dans le premier magasin, les habitués de toujours passent régulièrement parmi eux Johnny Halliday, fidèle de la première heure. 

Dans le livre parodique consacré au 20e anniversaire du magasin, Maurice Chorenslup a rassemblé les signatures de toutes les personnalités qui ont fréquenté le magasin. Des dizaines et dizaines d’artistes, acteurs, chanteurs, humoristes, français et étrangers venaient acheter leur jean et leurs bottes à Western House.

En 2000, le magasin a fermé ses portes définitivement après 36 années d’existance néanmoins il reste dans les esprits LA boutique western où l’on pouvait échanger, parler de sa passion, se rencontrer, et finalement réaliser son rêve américain.

Pour la réalisation de cet article, je remercie Monique CHORENSLUP qui m’a accordé un long entretien, a répondu à mes nombreux mails et m’a envoyé tous les documents nécessaires.

Mon autre source est la revue Western Gazette et je remercie Dominique BLANC-DUMONT de m’avoir confié sa collection pour que je puisse la numériser en intégralité.

D’autres articles sur les magasins western seront publiés prochainement.

Merci Émilie Sureau pour cet article qui m’a permis de connaitre un peu plus l’histoire du Mouvement Western en France.

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Lyne

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