Article Janvier 2020



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Le bosal et son utilisation
par Luc Giordano

Le bosal

Luc Giordano

Luc Giordano

Qui de mieux que mon ami et professionnel Luc Giordano pour nous parler du bosal et de son utilisation! Luc est un entraineur respecté dans le domaine équestre et possède une longue expérience en équitation western, diplômé du Canada, il vous propose :
– Clinics (stages) en déplacement dans toute la France
– Stages à la ferme La Métairie, Saint-Médard, Midi-Pyrénées.
Les thèmes abordés sont autour du ranch: ranch trail, ranch riding, ranch roping, et travail du bétail.
Vous pouvez le suivre sur sa page Facebook Buckaroo Experiences
Photo credit: Greg Niro

L’Equitation de nos jours évolue vers la recherche d’un rapport respectant de plus en plus les besoins naturels du cheval. Une équitation « sans mors » est une des facettes de cette évolution. Parmi le florilège d’ennasures, puisqu’il semble que ce soit le terme consacré, qui est en vogue : side pull, licol en corde, bridon équipé de museroles de tous types, hackamore mécanique, il en est un qui nous vient de l’Equitation Western : le bosal.

Je me passionne pour l’Equitation Buckaroo et Californienne depuis longtemps, c’est même la curiosité pour le bosal qui m’y a amené. Je suis donc enchanté que Lyne m’aie demandé cet article pour son blog.

Qu’est-ce qu’un bosal?

Le bosal est une muserole tressée en cuir, en fibres végétales ou en crin de cheval. Une corde de 7 m, le mécate, traditionellement en crin, permet de former des rênes fermées et une longe. La hauteur du bosal se règle par un nœud sur le hanger, simple lacet de cuir latigo qui tient lieu de têtière.

On utilisait jadis un fiador, système de sous-gorge ressemblant à un licol en corde, pour stabiliser le bosal sur la tête du cheval. De nos jours, on ne débourre plus de chevaux sauvages, le fiador est tombé en désuétude. L’ensemble : bosal, mécate, hanger, éventuellement fiador se nomme Hackamore.

Un peu d’histoire dans un premier temps

Ce vocabulaire est hispanisant, bien sûr, ce sont les conquistadores espagnols qui amenèrent les chevaux et l’équitation aux Amériques.

Les moines évangélisèrent la Californie, bâtissant de nombreux monastères qui nécessitaient du personnel autochtone notamment pour surveiller les troupeaux.

Puis les cadets des grandes familles espagnoles virent à essayer d’accroître leur fortune. Les troupeaux de bovins paissant librement étaient immenses.

Les dons ( seigneurs) formèrent à l’équitation les populations indigènes réduites en esclavage, ce fut la naissance des Vaquéros californiens.

Or , les colons se réservaient , pour raison de sécurité, l’usage du fer. Les vaquéros transformèrent le caveçon espagnol en un anneau tressé : le bosal. Ils en apprirent à débourrer puis dresser leur cheval de travail au moyen de cet outil rudimentaire.

«Hackamore» est la prononciation américanisée de «Jaquima» le caveçon espagnol.

Le mot français « caveçon » vient  lui aussi de l’espagnol «cabeza» la tête, preuve que les espagnols n’ont pas influencé que les Amériques. Et nous ne parlerons pas ici de l’apport des cavaliers nord-africains à l’équitation européenne.

Alors que les Californios débourrent au bosal, les Buckaroos ( cavaliers du nord ouest des USA) ont adopté le mors de filet anglais pour le débourrage et introduisent après le bosal.

En équitation western, on utilise le bosal la cinquième année du cheval, alors qu’il change ses molaires de lait pour ses dents d’adulte et serait dérangé par le mors. C’est pourquoi on retrouve la classe de Hackamore dans la plupart des règlements à cet âge (5 ans).

Mais en dehors du débourrage et de la compétition, on peut tout à fait monter au bosal un cheval de tout âge, pourvu qu’il est suffisamment d’entrainement, c’est à dire que l’on ait du céder et le contrôle des transitions montantes et descendantes en conduite à deux mains.

Que ce soit pour le plaisir ou pour étudier cette ennasure qui , on le verra, développe les sensations et la coordination du cavalier, ou pour « changer les idées » du cheval. On peut aussi associer certaines activités avec certaines embouchures.

Toutefois, n’oubliez jamais que votre sécurité est la priorité absolue .

Elle passe par la rigueur et le bon sens. Découvrir l’usage du bosal en extérieur ou sans être accompagné est un pari que je vous engage à ne pas prendre.

Le fonctionnement du bosal

J’aime concevoir le bosal comme un espace vide qui canalise l’impulsion du cheval.

Quand on déplace le  bosal grâce au mécate, il s’ouvre tout d’abord un espace d’un côté du nez du cheval avant que le bosal ne vienne pousser de l’autre côté.

Si le cheval a l’esprit disponible, il choisira la zone de moindre pression et dirigera donc ses pieds dans la direction indiquée.

C’est particulièrement sensible quand le cheval a de la cession de nuque, on a alors une sensation de légèreté remarquable dans les mains.

C’est en actionnant le heel knot que l’on choisit les espaces que l’on libère et les points de pression avec le nez du cheval, c’est en fonction des réponses du cheval que l’on ajuste les actions de main.

  • La démarche est donc : savoir vers où on veut diriger les pieds du cheval,
  • déduire l’action souhaitée,
  • mettre en place l’action de main,
  • ressentir le mouvement de cheval en réponse,
  • l’analyser, au besoin ajuster les mains,
  • récompenser afin que le cheval enregistre la leçon,
  • recommencer, et recommencer…

C’est donc un chemin de réflexion, de patience et d’humilité mais au combien passionnant.

Si vous étudiez avec Lyne, ce processus ne vous surprendra pas. L’interêt du bosal tient dans le fait que si votre action n’est pas juste : trop ferme, trop rapide ou trop longue ou sans coordination avec le déplacement des pieds du cheval, le cheval va trouver le moyen de résister.

Il vous faut donc développer votre capacité de concentration, vos connaissances en bio-mécanique, et vos sensations. Cela vous aidera à améliorer votre relation avec le cheval dans votre équitation de tous les jours.

La limite du travail au bosal est structurelle. Le bosal n’est pas un moyen de coercition, le cheval peut aisément le neutraliser.

Si le cheval met son nez en contact avec la surface totale du bosal, cela lui donne beaucoup de force pour tirer sur les mains du cavalier, qui se retrouve impuissant à gérer cette force de résistance.

Comment utiliser le bosal?

Cela influence la façon d’utiliser le bosal. Le signal auquel on souhaite sensibiliser le cheval est la position du bosal sur le nez du cheval, induite par le poids du mécate. Aussitôt que la main a établi ce léger contact, offrant un espace au cheval vers où se diriger, celui-ci doit penser à ajuster son déplacement à cette sollicitation.

S’il hésite ou tente de s’appuyer, la main va vibrer le mécate créant un frottement et donc l’inconfort du côté opposé. Bien sûr, on créera une zone de confort dès que le cheval s’ajuste correctement, puis une récompense avant de recommencer jusqu’à ce que la réponse souhaitée soit immédiate.

Comment ajuster le bosal?

On comprend donc que pour bien communiquer au moyen du bosal, celui-ci doit être adapté et parfaitement réglé et ajusté au nez du cheval.

Les trois paramètres à gérer sont la hauteur sur le chanfrein du cheval, elle se règle grâce au hanger, le bosal doit reposer sur l’os du nez et pas sur le cartilage.

Repérez avec votre doigt le haut du naseau, le bosal doit être plus haut  ; l’ajustement à la circonférence du nez du cheval se fera par le nœud du mécate, en effectuant plus ou moins de tours, il doit y avoir un léger mouvement de bascule.

Enfin l’ajustement à la forme du nez du cheval sera effectuée sur un « shaper », pièce de bois autour de laquelle on attache le bosal.

Comment choisir le bosal?

Un bosal se définit par plusieurs caractéristiques :

  • Le diamètre, exprimé en fraction de pouces (1 pouce = 2,54 cm). Plus il est fin, plus les zones de contact sont réduites et plus cela augmentent la pression sur le nez du cheval. Les actions deviennent plus précises et potentiellement plus fortes. N’oubliez pas qu’avec un bosal,  la force entrainera résistance ou désensibilisation.
  • La rugosité, définie par le nombre de brins du tressage, plus il y a de brins, plus le contact est lisse. Ce paramètre permet de s’adapter à la sensibilité de la peau du cheval.
  • La rigidité est définie par l’âme du bosal ( la partie centrale autour de laquelle le bosal est tressé). Plus il est rigide plus le bosal est exigeant.
  • L’effet ressort, le « spring ». Plus important que la rigidité, l’effet ressort définit la rapidité du bosal à récompenser le cheval quand on détend les rênes. Un bosal sans spring, comme souvent dans le bas de gamme, encouragera le cheval à se défendre en s’appuyant. Toutefois un cheval impressionable peut prendre peur d’un spring trop rapide.
  • Enfin, le matériau : rawhide, kangourou, cuir, crins, le choix du matériau permet de s’adapter à la sensibilité de la peau du cheval. Le kangourou sera le plus lisse et doux, le crin  choisi pour sensibiliser à nouveau un cheval qui s’appuie. Le rawhide est le plus traditionnel et a la plus large palette d’utilisation.

Je ne peux que vous conseiller de vous faire aider pour choisir un bosal par un aficionado (spécialiste) de cette culture tant les critères sont nombreux et subtils. Un choix avisé vous permettra tout de même d’utiliser votre bosal sur plusieurs chevaux.

Comment choisir le mécate?

Il y a un grand choix de matériaux proposés dans les mécates : nylon, coton, crin, alpaga, mohair. 

La qualité du mécate dépend de son « nerf », c’est à dire la façon dont il réagit . Le nerf « life »est défini par la matière, la qualité de fabrication et la rigidité.

La référence, c’est le crin de crinière, 4 ou 6 brins avec une âme en crin.

Le mohair et l’alpaga donnent de très bon résultat.

Le nylon n’est jamais aussi bien mais plus économique pour commencer et plus pratique par temps pluvieux.

Le coton est à éviter car manque de nerf et est trop sensible à la météo.

Enfin, le mécate doit être de diamètre égal au bosal ou plus fin.

Comment nouer le mécate au bosal

Voici la vidéo 1 à visionner 

Voici la vidéo 2 à visionner

En résumé

Voilà, ce n’est qu’un rapide aperçu du monde du bosal, je vous encourage vraiment à vous essayer en vous faisant accompagner par un professionnel compétent.

Vous renforcerez le relationnel avec votre monture et expérimenterez une approche patiente, différente et méthodique du dressage.

Amusez-vous et à bientôt!

Happy Trails

Luc Giordano

Lyne Laforme Coaching

Remerciements

Je tiens à remercier chaleureusement Luc d’avoir accepter mon invitation à écrire un article sur le bosal. Sa connaissance et son envie de faire connaitre ce bel outil de travail m’enchante et c’est pourquoi j’ai voulu le partager avec vous.J’ai moi-même utilisé le bosal lors de l’entrainement de mes chevaux de même qu’en compétition. Pour ceux qui ne le savent pas Luc et moi nous nous connaissons depuis 1995 lorsque qu’il est venu se former avec moi au Québec pour son brevet d’enseignement.
Depuis une profonde amitié de même qu’un respect commun se sont installés au fil des années et de nos rencontres. Merci Luc de faire parti de ma vie xxx

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